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mardi 8 novembre 2016

Unies vers celles, libres

Je suis Râbe'e j'ai 15 ans au Xè siècle
"L'amour de lui m'a ressaisie dans son étreinte,
mon grand effort est resté sans profit.
L'amour est une mer, la côte hors de vue:
sages, vous le savez, à quoi bon tenter de nager ?"
Je suis Renata Duran, j'ai 30 ans en 1980
"Elle prend une plume
"Je rêve"
Deux mots
Qui inaugurent
Un siècle
De femmes."
Je suis Elisabeth Khaxas, j'ai 20 ans en 1980
"cachée parmi les fausses représentations
des masques fabriqués par l'homme
j'ai trouvé
le femme
que je suis" 
Je suis Mehseti Gandjevi, j'ai 24 ans au XIè siècle
"Le dessin de mes  lèvres évoque la lettre "mim"
Ma nuque d'argent est un printemps fleuri...
Nous sommes un coeur unique en deux âmes séparées,
Je connais ta valeur ô ma précieuse gemme!"
Je suis Mallika Sengupta, j'ai 40 ans en l'an 2000
"Grand poête, vous n'avez compris la femme qu'à demi,
L'autre moitié est toujours obscure."
 Je suis Amrita Pritam, j'ai 25 ans en 1944
"Mon adresse
J'ai effacé aujourd'hui le numéro de ma maison,
j'ai arraché la plaque qui portait le nom me rue
et celles de toutes les autres.
Mais si tu veux absolument me trouver,
frappe à la porte de chaque maison, dans chaque rue des villes de tous les pays,
-c'est à la fois un mauvais sort et une bénédiction-
et partout où resplendit un esprit libre:
sache-le, là est ma maison."
Je suis toutes ces femmes hors du temps, citoyennes de la même terre, citoyennes de la même sensibilité. 
Un trésor de textes féminins, recueil de révoltes, de sagesses, d'intelligences, d'hymnes à l'amour. Sans âge. Hors du temps. La même finesse incisive du Xè au XXIè siècle, la même douceur piquante du Persan au Finnois. Des larmes à la colère, de la tendresse à la soumission, Lionel Ray l'esprit poète masculin a su choisir les textes enluminant la femme dans toute sa splendeur.

Les photographies subjuguantes illustrant ces écrits sont également l'oeuvre de femmes photographes. Cette anthologie est un des plus beaux ouvrages que j'ai eu entre les mains. 

Je remercie vivement les Editions Turquoise et Babelio de ce cadeau d'automne.

  Voix de femmes, Anthologie Poèmes et photographies du monde entier, Editions Turquoise, sous la direction de E.Turgut

mardi 7 avril 2015

Le nuage et l'Original

A Brest en Bulles, le festival de bande dessinée de Brest, tu es restée plantée devant des dessins. Tu ne t'attendais pas à ce frisson-là. Tu sentais bien que depuis janvier, tu ne te débarrassais pas de ce nuage sombre, un peu collant. Tu ne savais pas que quelques traits de crayon t'époustoufrissonneraient à ce point. Les uns avançaient, et toi tu bloquais. Tu bloquais devant les dessins originaux et les photographies non officielles de l'expo hommage à Charlie. 

Le nuage s'est éclairci. Comme si la force de ces dessins l'avait désintégré. Tu relis, avec plaisir et voracité. 

Tu as acheté un recueil de dessins, hommage lui aussi. Très beau, très fort. Le comble pour un recueil de dessins, il commence par un texte : 
"Quand avec Choron, "mon frère", nous avons pris le risque de lancer Hara Kiri, puis Charlie Hebdo, nous n'avions pas l'intention de faire de l'humour - "faire de l'humour" ! Quelle dérision ! - mais bien de rire, de rire et de faire rire sans entraves, sans tabous et sans prétendre réformer les mœurs ou la morale.
Rien n'est sacré. Pas même le bon goût. Pas même le militant. Surtout pas le croyant. Ne croyant à rien de transcendant, nous n'avions rien à respecter. L'humour est un coup de poing dans la gueule. Cette phrase que je revendique fut notre profession de foi.
Rien n'est tabou, rien n'est sacré. Le partisan rit de son adversaire, le croyant rit du non-croyant d'en face. Ne croyant en rien, n'adhérent à rien, nous riions de tout et de tous. Le rire est brutal, provocateur, imprévisible, injuste, sans pitié. Il ne venge, ni ne punit, ni ne juge. Il s'en fout."
Extrait d'un texte de Cavanna, datant de 2012
  La BD est Charlie, Collectif d'auteurs, multi-éditeur

lundi 8 décembre 2014

La critique ne tient qu'à un fil

Le grand intérêt de la collection Dada réside dans la manière dont les artistes y sont présentés. On les replace dans leur époque, on les entoure de ceux qui les inspirent, la mise en page très aérée donne envie de rétrécir et d'entrer tout entier dans le monde décrit au fil des pages. Un abécédaire offre la possibilité de se repérer et d'éclaircir les points obscurs. 
La curiosité du jeune lecteur est particulièrement aiguisée par les pages consacrées à la technique de l'artiste. D'une façon très ludique et explicite, les étapes de la création sont détaillées et chacun peut s'essayer à la peinture, au dessin ou à la sculpture à la manière de.
L'opus consacré à Calder ressemble à son travail du début à la fin. La typographie, la mise en page, les couleurs sont à l'image de ses choix de prédilection.


Merci à Babelio et aux Editions Arola d'avoir eu la patience que le fil de ma connexion soit remis en état.

CALDER, au Fil de l'Art, Collectif d'auteurs, Editions Arola, Collection DADA

jeudi 23 octobre 2014

Lire dans l'allégresse et dans les transports

Quand Babelio propose une opération Masse Critique, je coche souvent plusieurs ouvrages parmi lesquels se trouvent celui que j'espère recevoir plus que tout, et un dernier de la classe. 


SHORT numéro 9 était mon dernier de la classe. J'ai un faible pour les bonnes et belles revues, mais celle-ci ne m'attirait pas particulièrement. Pourtant ma curiosité étant ce qu'elle est, j'avais coché. J'ai reçu un mail m'informant que c'est elle qui s'incrusterait dans ma boîte aux lettres (et non l'album de Plonk et Replonk tant espéré - sans rancune ami Babelio). Je m'attendais à un gros modèle, lourd. Je savais qu'il s'agissait de textes courts, mais va savoir pourquoi, j'avais des préjugés. 

J'ai eu la surprise et le bonheur de recevoir un ouvrage léger, d'un format très pratique (pas loin du A5), aéré, une police qui rend la lecture souple, un sens à trouver selon la nature des textes, le tout donnant forme à un mélange savoureux de nouvelles (drôles, policières, érotiques), de textes poétiques et de courtes Bandes Dessinées. Tout est minuté pour te faciliter la vie: 3 minutes avant de descendre du bus, hop, p.63, un quart d'heure avant d'éteindre raisonnablement la lumière: p.123...J'ai dit dans l'allégresse et dans les transports, c'est pas pour rien.

Il y a autre chose: un site (clic) et une appli extraordinairement adaptée à tous ces petits moments pendant lesquels tu aimerais bien lire (avec les yeux ou les oreilles), mais soit tu n'as pas de livre sous la main, soit pas assez de temps pour t'y plonger.
En bref, SHORT est une revue qui mérite le détour, sans perdre de temps.


Sache aussi que les éditions SHORT proposent de nombreux concours d'écriture...à bon entendeur!

SHORT numéro 9, shortédition

mardi 24 juin 2014

L'accent

Tu avais vu la couverture du livre, tu avais lu le résumé, tu croyais qu'il s'agissait d'une bande dessinée, tu as reçu un recueil de nouvelles à l'accent marseillais.
Un peu à l'image des films de Guédiguian il s'agit de textes qui, malgré la noirceur qu'ils distillent, chantent à ton oreille. Tu lis avec l'accent de Marseille. Tu déambules dans les quartiers, mine de rien. Personne ne te remarque mais toi tu ne rates rien de tout ce que tu entrevois. Tu ne comprends pas tout: ce monde à mille vitesses, cette culture footballistique, les éboueurs et leurs habitudes propres à la ville, les trafics...tu sais déjà beaucoup, mais tu n'as jamais pénétré ces univers-là pour de vrai. Tu n'es même jamais allée à Marseille. 
Pourtant tu lis avec l'accent, tout naturellement. Tu t'appropries la ville à travers une quinzaine de textes bien différents les uns des autres, pensés, projetés, écrits par des auteurs aux sensibilités diverses dressant ensemble une carte de Marseille qui  finit par te faire croire que tu la connais comme ta poche.

tous les livres sur Babelio.com

Merci aux éditions Asphalte et à Babelio de m'avoir offert cette déambulation dans les rues marseillaises.

Marseille Noir, Collectif, Editions Asphalte

mercredi 3 juillet 2013

Balade sur le seuil

Il y a quelques semaines, une petite merveille a atterri dans ma boîte à lettres. 
Je ne connaissais rien d'elle, j'ai tout découvert: Caroline l'éditrice, le collectif de Babel photo, les six photographes à l'origine de cette merveille, Eric Besnier, Marie-Pierre Dieterlé, Pieter Jan Louis, Thomas Louarpe, Ludovic Maillard, Sébastien Sindeu, un auteur Léo Henry et le reste.

La piètre amatrice que je suis, ne sait pas photographier les zones urbaines ni les gens, alors tu comprendras que j'ai reluqué avec envie cette série de clichés dédiés au périph et à ses différents protagonistes.
Tu pourrais croire qu'un gros livre, même s'il s'agit d'un beau livre, tournant autour du périphérique deviendrait rébarbatif au fil des pages. Il n'en est rien, les regards et les points de vue des six cités plus haut s'entrechoquent et se répondent de telle manière que tu sens que chacun te raconte en images son périph. 
Et tu embarques, sans la moindre hésitation. Au ras du sol, dans les taxis, le nez en l'air, derrière les arbres, à travers les vitres, dedans, dehors, dessus, dessous. Tu entreras dans le cercle.

Je ne suis pas seule à avoir été hypnotisée par cet ouvrage, je l'avais laissé bien en vue sur la table du salon. Un bon nombre de doigts en a tourné les pages, des belles paires d'yeux s'y sont perdues et bien des "wouahou" se sont échappés de quelques bouches.

J'ai aimé les textes qui ouvrent et ponctuent chaque épopée photographique, tout particulièrement la nouvelle de Léo Henry, à laquelle je consacrerai un article ultérieurement.


Je remercie chaleureusement Babelio et les éditions h'Artpon de m'avoir offert cette belle balade aux portes de Paris.

Périphérique Terre Promise, collectif Babel Photo, éditions h'Artpon 

dimanche 17 mars 2013

Tu vois c'que j'entends?

Depuis que je n'habite plus en ville, je n'écoute quasiment plus la radio. Parce que depuis que j'habite au bord de la mer, j'écoute le vent dans les dunes plutôt que France Culture. Parce que depuis que j'habite au bord de la mer, je lis beaucoup plus que je n'écoute.
Alors lire France Culture...tu n'imagines même pas le frétillement des neurones. A la limite de l'explosion.

Et puis le temps passe et impossible de mettre la main dessus. Le N°1, le 2, le 3 ...parce que les dunes tu vois, c'est chouette, mais tu n'y trouves pas tout.


Reste bien entendu la possibilité de s'abonner via un formulaire en ligne. Mais un abonnement à l'aveugle, même si j'ai relativement confiance, ça me tente moyennement.

Et un beau matin, voici que Babelio par le biais de Masse Critique m'offre le N°5.

Il sent bon, il est beau, il est doux, il est épais, il est tentant.

Tout me plaît.
La texture et les couleurs, du velours.
La mise en page, aérée et joliment policée.
Le format, agréable.

Et le contenu?
Parfait. Tu entends ce que tu lis. Très varié, tu peux passer d'un sujet à l'autre, faire des pauses, revenir en arrière à ton rythme (mieux que sur les ondes).
C'est une rediffusion (ou parfois pré-diffusion) d'un florilèges d'émissions, tantôt scientifiques, tantôt économiques, tantôt culturelles. Un joli mélange, de belles illustrations, quelques pépites. La finesse d'une recette réussie.
Et en dessert, tu as droit à une douceur théâtrale suivie d'un fondu de "papous".
Pas loin du bonheur.

Pour conforter mon éloge, j'ai été à la ville et me suis procurée le 3 et le 4, afin de vérifier que je ne me fourvoyais pas. Ils sont tous aussi intéressants, instructifs et distrayants.


Confortables aussi, au dire de Barnabé qui les a tout de suite adoptés (mais il trouve que c'est un peu intello, surtout pour un chat).


C'est décidé, je vais m'abonner et me procurer les deux premiers numéros qui manquent à ma désormais toute nouvelle collection.


Je ne peux que chaleureusement remercier Babelio et Bayard Presse.




France Culture Papiers #5, printemps 2013, éditions Bayard Presse
France Culture Papiers #4, hiver2012, éditions Bayard Presse
France Culture Papiers #3, automne 2012, éditions Bayard Presse

samedi 11 février 2012

Je lis, tu lis, il lit, et?

L'école des loisirs offre à qui veut de nombreuses petites choses bien sympathiques, dont ce petit ouvrage qui regroupent les réflexions d'auteurs d'albums et de livres pour enfants et adolescents à propos de la lecture. 
Ils n'ont cependant pas pensé à interroger mon chat, ni aucun autre félin, à ce sujet. Je suis surprise, mais peut-être s'imaginent-ils que les chats ne savent pas lire...


Lire est le propre de l'homme, collectif, éditions L'école des loisirs
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