samedi 19 janvier 2013

L'intime du corps au fil d'un journal qui ne l'est pas

J'aime depuis longtemps Daniel Pennac. Toi qui pose un
Oeil ici de façon régulière tu le sais.
Une fois encore sa belle écriture a eu
Raison de moi. Et pourtant je méfiais de ce livre-là.
Nunuche même, j'avais osé penser.
A dire vrai 
Les premières pages ne m'ont pas envoûtée comme je m'y attendais,
D'ordinaire il me prend au corps immédiatement, mais
Une fois n'est pas coutume,
Ni branle-bas de 
Combat émotionnel, ni envie irrémédiable d'
Offrir des roses trémières à ce Daniel qui m'émeut tant.
Résolument convaincue que le charme opérerait, j'ai 
Poursuivi ma lecture, et j'ai encore pleuré, ri et pleuré de rire.
Sans conteste, je vous aime monsieur Pennac.



Journal d'un corps, Daniel Pennac, éditions Gallimard

mardi 15 janvier 2013

La mer à boire

J'ai découvert et lu Le poney rouge et je n'ai cessé de penser à tous les jeunes ados, à qui il est destiné et qui s'entendent dire que quand même c'est pas la mer à boire, un livre qui raconte l'histoire d'un petit garçon et de son poney.
C'est pas la mer à boire, un livre qui dans cette édition peut se lire à l'endroit et à l'envers, un accès ludique sur l'envers.
C'est pas la mer à boire...

C'est pas la mer à boire...mais une bonne tasse quand même.

Même Barnabé en est encore tout ébaubi.


Le poney rouge, John Steinbeck, éditions Gallimard Jeunesse, traduction Marcel Duhamel et Max Morise

mardi 8 janvier 2013

Chaque livre a son histoire

Je l'attendais impatiemment, mon livre sur les cailloux. 
Il a mis de nombreuses semaines avant de trouver ma boîte à lettres. 
Comme d'habitude en matière de partenariat, je ne m'étais pas documentée. Ni sur le livre ni sur l'auteur.
Sombre erreur.
J'attendais de belles histoires de cailloux ramassés et oubliés au fond de la poche, ou déposés en un lieu choisi.
J'ai reçu l'autobiographie de Maurice Rajsfus, co-fondateur de Ras-le-Front. Son nom ne me disait rien et pourtant bien évidemment je n'ignorais pas son existence. Je me souviens parfaitement des grands mouvements auxquels participait Ras-le-Front, je me souviens de la rue du Dragon et du reste. 
Je n'ai pas été emballée par ce texte non dénué d'intérêt, mais à l'écriture peu amène et truffée de fautes. 

J'ai lu les 300 premières pages pas franchement convaincue, mais ai  ainsi mérité un dernier chapitre de 17 pages sur les petites pierres de nos vies.

Ne serait-ce que pour ces quelques pages-là, je remercie Babelio et les éditions Ginkgo de m'avoir proposé cet ouvrage.


Chaque pierre a son histoire, Maurice Rajsfus, éditions Ginkgo

jeudi 27 décembre 2012

Ce livre vous est offert par votre libraire

Tu sais comme moi que les opérations deux livres achetés = un livre offert sont souvent la porte ouverte à de mémorables moments de lectures mortels (les moments). Ce n'est pas que les choix des éditions offertes soient systématiquement mauvais (il faut être bon joueur), c'est surtout que les pépites disparaissent avant que tu n'aies pointé ton museau.

Voilà donc que croupissait sur le piano depuis bien avant l'été un petit livre qui me semblait sans prétention. Un auteur que je n'avais jamais lu (ben non tu vois je ne suis pas si vieille finalement, je n'ai pas encore fait le tour de tous les écrivains du monde), et un bandeau qui soulignait le puissant pouvoir de séduction du texte.
Tu commences à connaître mon fonctionnement; ce bandeau me coupait littéralement l'envie de lire.

Puissant pouvoir de séduction. C'est ça. 
Du Luz Casal à lire. Le soleil du Portugal entre les lignes. Tu vois tout. Les cours, les robes, tu entends les voix dans les bistrots, les mères qui braillent aux fenêtres, tu cours dans les ruelles.

Va falloir que je m'intéresse de près à cet Antonio-là.


Dormir accompagné, Antonio Lobo Antunes, éditions du Point, traduction Carlos Batista

Sur le pont

Tu sais que j'aime les mots de Claudie Gallay. Tu sais qu'elle est mon exception. 
Sache qu'est arrivé le jour où elle ne m'a pas émue.
J'ai aimé les rues d'Avignon, mais le reste non. 
Trop pour moi. Trop facile, trop guimauve, trop.
Ah, j'ai aimé plus que tout l'idée de la présence d'Agnès (Varda). 
Très près de ce que je sais d'elle.
Le reste, je ne m'en souviens déjà plus.

L'amour est une île, Claudie Gallay, éditions J'ai Lu

mardi 18 décembre 2012

Entendre entre les lignes

Tu te souviens de cette jolie chanson de T.REX et des non moins jolies images de Billy Elliot posées dessus.

T. Rex - Cosmic Dancer by Billy Elliot Soundtrack on Grooveshark

Mais si tu t'en souviens, ce n'est pas si loin finalement.
Ferme les yeux et écoute. Tu les revois les images de ce petit garçon.

Figure-toi que c'est à lui que j'ai pensé tout au long de la lecture du Journal secret d'Adrien. L'Angleterre des banlieues ouvrières, (proches de celles de The Full Monty aussi), un humour et une tendresse inimitables.
Si le texte ne m'a pas accroché autant que je l'avais imaginé au départ, il m'a déroulé une bande originale du tonnerre au fil des pages.

Ce livre fait partie de la liste du défi-lecture des cinquièmes. Je crois qu'il n'a plu à aucun de ceux qui l'ont lu, filles et garçons confondus. Il me semble que Sue Townsend  n'a pas su oublier son recul d'adulte ce qui nuit à la crédibilité du texte, et crée un fossé entre ses mots et ceux des lecteurs auxquels il est destiné.

Tiens je te glisse un autre T.REX, juste pour le plaisir (j'imagine qu'il y a au moins un bison à qui cela caressera les oreilles...)

Hot Love by T. Rex on Grooveshark

Le journal secret d'Adrien 13 ans 3/4, Sue Townsend, édition Hachette Jeunesse, traduction Béatrice Gartenberg

dimanche 9 décembre 2012

Perdre le fil

Si par hasard tu te perds entre les lignes de Chroniques des Hémisphères, peut-être nous croiserons-nous. 
Je m'y suis égarée, non sans plaisir, mais j'ai éprouvé quelques difficultés à garder la tête hors de l'eau. 
Façon de parler puisque l'eau, c'est bien d'elle dont il s'agit. C'est elle qu'on cherche, qu'on espère, qu'on attend. 
Me sont revenues des images de Mad Max, entre autres choses assez confuses. 
J'ai dû souvent revenir en arrière afin de replacer les personnages dans l'un ou l'autre des mondes dans lesquels ils évoluent, ce qui tu l'imagines bien, a cassé le rythme et la poésie de l'histoire.


Ce livre est arrivé entre mes mains grâce à un partenariat entre Babelio -son opération Masse Critique- et Les Impressions Nouvelles que je remercie chaleureusement. 
Je vais à mon tour l'offrir au CDI du collège: je suis curieuse de voir quelles émotions il procurera et quelles réactions il suscitera auprès de son public de prédilection. Je crains que cela ne soit trop compliqué (bien que le début de l'ouvrage présente, carte à l'appui, les lieux et les personnages), mais les adolescents regorgent de ressources parfois inattendues et se plaisent dans les univers fastidieux, alors...

Chroniques des hémisphères T1,  Le bal des poussières, Katia Lanero Zamora, éditions  Les Impressions Nouvelles, collection Imaginaire

samedi 24 novembre 2012

Choisir

Je ne sais pas comment tu choisis tes livres. 
Chacun a sa façon de faire. La mienne, peu orthodoxe est totalement hasardeuse et instinctive.


Tu te souviens peut-être que l'été dernier j'avais baladé mon être dans les belles salles de l'hôtel de ville de Morlaix où s'étalaient les livres que la bibliothèque avait retirés de ses étagères.
J'aime beaucoup ce genre de vente, où tout se côtoie, où il ne faut rien chercher de précis, où il faut s'attendre à une rencontre, à une bonne pioche ou pas. 
Et où ma manière de faire en terme de choix est absolument à son aise. 
Je zyeute, je guette une couleur, un mot, une image, un format, une police...j'attends le détail qui me happe.










Ce jour là, un nom d'éditeur m'a sauté dans les bras: L'écailler du sud. 
J'ai ainsi passé un bon moment avec un auteur que je ne connaissais pas, dans les quartiers nord de Marseille. 











Un chat dans un chenil, Thomat Labat, éditions L'écailler du sud

mardi 13 novembre 2012

Des cailloux

La vie de Loeïza se résume à quelques cailloux posés sur un meuble. Moi aussi j'aime les cailloux. J'aime les cailloux qui disent d'où ils viennent, qui racontent, qui respirent un souvenir. 




















J'ai attrapé ce petit livre de Frédérique Niobey parce que j'avais quelques minutes à occuper, et je me suis retrouvée sans y être préparée dans un petit appartement d'une tour de banlieue à écouter du Bach en regardant la ville du dessus, entre Loeïza et une ado du coin.
Il émane de ce livre une douceur et un pétillant qui caressent joliment l'âme. Un mélange des genres si bien écrit qu'on en oublie les clichés autour desquels il tourne.


Loeïza, Frédérique Niobey, éditions du Rouergue

vendredi 2 novembre 2012

Batz, là-bas

Tu ne le sais peut-être pas, mais j'ai au fond de moi un doux rêve. Batz. Qu'elle devienne mon île. Que je devienne sienne plutôt.
D'autres plus argentés que moi (parce que tu te doutes bien que l'immobilier sur une île n'est pas à la portée d'un petit budget) ont pu franchir le chenal avec leur fatras.
Guénaëlle Baily-Daujon est de ceux-là. De celles qui contre vents et marées ont choisi de s'incruster, de s'accrocher à l'envie de devenir insulaire. Beaucoup disent qu'on ne le devient pas. On l'est ou non. 
Elle ne l'est pas.
Elle l'a écrit.
Je n'ai pas adhéré à tous ses mots. J'ai aimé ses portraits d’îliens, j'ai cependant été gênée de savoir qu'il s'agissait de vrais gens. J'ai aimé sa façon claire d'avouer à quel point son expérience fut difficile.
Elle n'altère pour autant pas mon doux rêve.

D'ici, Batz


"L'implicite breton consiste à accorder la plus grande importance à tout ce qui ne se dit pas. C'est dans les silences, les regards que l'on communique. Quand j'ai demandé à Jacques ce que signifiait être îlien, il m'a répondu: "C'est s'asseoir à deux sur un banc près du port, et regarder les bateaux pendant plus d'une heure sans se dire un mot."

Là-Batz, le roman d'une île, Guénaëlle Baily-Daujon, éditions Intervalles

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