jeudi 11 avril 2013

Fil de lecture #18

Bye-bye Barbery Lane, Chroniques de SF, Saison 6, Armistead Maupin, éditions 10/18, traduction François Rosso

mardi 9 avril 2013

S'il te plaît, dessine-moi une chanson

Faut que je te dise. Les z'ovni existent. J'te jure. J'en ai vu un dimanche. Je l'ai même tenu entre mes mains (si c'est possible! C'est pas forcément surdimensionné un ovni).
Sa couleur? Vert bien évidemment, avec une sorte de rayure brique et du blanc aussi.
S'il véhiculait des individus? Oui oui, Dominique A et Philippe Katerine.
J'te jure.
Une histoire de fou.



Si tu rêves de connaître le vrai nom de Dominique A, si tu aimes les univers décalés, si tu aimes les histoires policières, si tu n'aimes pas Frédéric François, si tu trouves Philippe Katerine drôle, si tu aimes la bande dessinée, et même si tu n'en es pas fan, tu devrais jeter un oeil sur cette objet dessiné et très bien identifiable.

J'aurai ta peau Dominique A, Arnaud Le Gouëfflec et Olivier Balez, éditions Glénat  

dimanche 7 avril 2013

Double sens

Jeune adolescente, ma première lecture de L’Écume des Jours m'avait profondément marquée. Je m'en souviens comme du texte qui m'a donné envie de comprendre la technicité de la langue, qui m'a offert un monde dont je soupçonnais l'existence mais dans lequel je n'avais jamais vraiment plongé: la poé-sie et -tique.
J'y étais entrée toute entière, pétrie de mon innocence d'alors.
J'ai pris un nouveau bain quelques années plus tard et une once d'innocence en moins. Même effet, quelques degrés de compréhension en plus, mais il n'en demeurait pas moins une douceur enveloppante, voilant l'atrocité du dénouement.
Le lire une fois encore aujourd'hui me l'a rendu presque inacceptable. Je me suis laissée encore emportée par la virtuosité de l'écriture, mais je n'ai été emprunte que de la noirceur du fond.

De la douce écume couvrant la confiture qui cuit, je suis passée à l'écume qui file au coin de la bouche malade.



L’Écume des Jours, Boris Vian, édition de la Bibliothèque du Temps Présent

samedi 6 avril 2013

Savoir faire

Chaque fois que j'ai entre les mains une bande dessinée d'Etienne Davodeau, je me répète qu'il est sans conteste l'auteur qui doit faire aimer cet art-là au plus ardent des réfractaires.
Loin de moi l'idée qu'il est un auteur facile...au vu des sujets auxquels il s'attaque on pourrait même s'attendre au contraire, mais il a l'art et la manière d'attraper au vol l'attention du lecteur, et du non-lecteur. 
Les Ignorants n'échappe pas à cette loi, tu peux faire le test. 


Comme ses autres livres, Les Ignorants ne se raconte pas. 
Il se lit, se feuillette, se regarde. Sans modération.
Miraculeusement, il se boit aussi.


Les Ignorants, Récit d'une initiation croisée,  Etienne Davodeau, éditions Futuropolis

mardi 2 avril 2013

Et Vian

Au hasard de mes balades je suis tombée sur un challenge qui me titille, d'autant que je viens juste de reprendre L’Écume des Jours pour la jenesaispascombientièmefois.

Il s'agit d'un challenge initié par L'oeil qui fume, si tu trouves l'idée alléchante, tu liras toutes les règles établies pour ce défi sur son blog.


Je m'inscris d'ores et déjà dans la première catégorie, espérant bien atteindre la troisième illustrée de ma chanson favorite de Vian

lundi 1 avril 2013

L'écriture au bout des doigts

Jamais tu n'aurais cru que tu lirais avec plaisir un texte sur la guerre. La première qui plus est. Et pourtant cet après-midi, tu as lu cette guerre-là avec bonheur. 
Tout ça pour un type. Un type que tu ne connais même pas, mais qui te caresse de sa plume depuis plusieurs années déjà. 
Cette histoire n'augurait rien de bon, puisque ses premiers mots pour toi avaient été Je m'en vais, mais tu l'as suivi, telle une ombre avide. Il a traîné avec Des grandes blondes, t'a fait Courir et Un an plus tard t'a présenté Ravel, entre autres pages.
Parmi celles d'aujourd'hui, tu lis ceci:
"Ne fût-ce qu'à cause de ces deux-là, le pou, le rat, obstinés et précis, organisés, habités d'un seul but comme des monosyllabes, l'un et l'autre n'ayant d'autre objectif que ronger votre chair ou pomper votre sang, de vous exterminer chacun à sa manière - sans parler de l'ennemi d'en face, différemment guidé par le même but -, il y avait souvent de quoi vous donner envie de foutre le camp."
Si tu pouvais, tu le lirais les yeux fermés.

"Se laissant plutôt aller à surveiller les signes du printemps - c'est toujours émouvant à observer, le printemps, même quand on commence à connaître le système, c'est une bonne façon de se changer les idées -, Arcenel s'est montré tout aussi  attentif au silence, silence à peine teinté par les grondements du front jamais si loin, et qui ce matin d'ailleurs tendaient à s'atténuer."
De cette si belle façon il te fait traverser cette infamie du début du vingtième siècle.

14, Jean Echenoz, éditions de Minuit 

mercredi 27 mars 2013

D'amuse-bouche en panier de crabes


Le Dîner se lit le temps d'un dîner. Le temps d'un dîner dans un endroit chic où la lenteur est de mise et où l'on est poli jusqu'au bout des ongles. Des ongles vernis.

En attendant le hors-d'oeuvres, on tapote ses ongles sur la nappe blanche.
Après le plat principal, on s'évertue à cacher  sous sa serviette grisâtre les morceaux d'ongles qu'on vient de se ronger.
Au dessert, on gratte le vernis.
Quand arrive le café, on ne sait même plus si un jour on a eu des ongles et on remarque les tâches nombreuses qui maculent la nappe.

Si tu t'invites à Dîner, ne lis pas la quatrième de couverture, et assure-toi que ton lendemain ne sera pas trop exigeant, je crains que la digestion ne t'empêche de dormir.


Le Dîner, Hermann Koch, éditions 10/18, traduction Isabelle Rosselin

dimanche 24 mars 2013

La vérité sur l'affaire de la vérité sur l'affaire HQ

Tu connais un peu mes habitudes, tu sais que d'ordinaire je m'intéresse aux critiques après avoir lu le livre dont elles parlent. Je n'ai pas failli avec l'Affaire.
J'ai lu, avidement, parce que je voulais connaître la fin. J'ai deviné une bonne partie du dénouement aux environs de 400 pages tournées. J'ai lu comme on lit un polar facile et pas nécessairement bien écrit.

Ce livre est au centre d'une polémique à propos des prix qui l'ont couronné (Goncourt des Lycéens et Académie Française).
Je ne suis pas particulièrement placée pour mêler mon grain de sel à cette histoire, mais je me demande si la polémique n'est pas tout simplement le but du livre.

Si tu ne l'as pas lu, il faut que je t'explique: ce livre est une mise en abîme, du début à la fin. Tu lis le cheminement de l'écrivain qui travaille un texte sur une affaire de moeurs en cours. Tu vois?
De mon point de vue, il s'agit d'un texte à deux niveaux, le roman policier à deux balles, et une critique ironique et cynique de ce à quoi peut ressembler un (mauvais) écrivain à succès (parce que bien marketé) talonné par son éditeur et son envie de rester en haut de l'affiche.

J'ai envie de croire que ce livre n'est pas une imposture, mais qu'il découle d'une vraie réflexion, peut-on laisser une chance à ce jeune Joël Dicker et voir à quoi ressembleront ses prochaines productions?


La vérité sur l'affaire Harry Québert, Joël Dicker, éditions De Fallois

dimanche 17 mars 2013

Tu vois c'que j'entends?

Depuis que je n'habite plus en ville, je n'écoute quasiment plus la radio. Parce que depuis que j'habite au bord de la mer, j'écoute le vent dans les dunes plutôt que France Culture. Parce que depuis que j'habite au bord de la mer, je lis beaucoup plus que je n'écoute.
Alors lire France Culture...tu n'imagines même pas le frétillement des neurones. A la limite de l'explosion.

Et puis le temps passe et impossible de mettre la main dessus. Le N°1, le 2, le 3 ...parce que les dunes tu vois, c'est chouette, mais tu n'y trouves pas tout.


Reste bien entendu la possibilité de s'abonner via un formulaire en ligne. Mais un abonnement à l'aveugle, même si j'ai relativement confiance, ça me tente moyennement.

Et un beau matin, voici que Babelio par le biais de Masse Critique m'offre le N°5.

Il sent bon, il est beau, il est doux, il est épais, il est tentant.

Tout me plaît.
La texture et les couleurs, du velours.
La mise en page, aérée et joliment policée.
Le format, agréable.

Et le contenu?
Parfait. Tu entends ce que tu lis. Très varié, tu peux passer d'un sujet à l'autre, faire des pauses, revenir en arrière à ton rythme (mieux que sur les ondes).
C'est une rediffusion (ou parfois pré-diffusion) d'un florilèges d'émissions, tantôt scientifiques, tantôt économiques, tantôt culturelles. Un joli mélange, de belles illustrations, quelques pépites. La finesse d'une recette réussie.
Et en dessert, tu as droit à une douceur théâtrale suivie d'un fondu de "papous".
Pas loin du bonheur.

Pour conforter mon éloge, j'ai été à la ville et me suis procurée le 3 et le 4, afin de vérifier que je ne me fourvoyais pas. Ils sont tous aussi intéressants, instructifs et distrayants.


Confortables aussi, au dire de Barnabé qui les a tout de suite adoptés (mais il trouve que c'est un peu intello, surtout pour un chat).


C'est décidé, je vais m'abonner et me procurer les deux premiers numéros qui manquent à ma désormais toute nouvelle collection.


Je ne peux que chaleureusement remercier Babelio et Bayard Presse.




France Culture Papiers #5, printemps 2013, éditions Bayard Presse
France Culture Papiers #4, hiver2012, éditions Bayard Presse
France Culture Papiers #3, automne 2012, éditions Bayard Presse
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