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dimanche 3 novembre 2013

Millénium

Ma première rencontre avec Blomkvist a été un peu chaotique. Je devais attendre mon tour à la bibliothèque avant d'avoir le plaisir de passer quelques heures avec lui. 
Faut dire qu'il sentait encore l'encre et venait juste de pointer son nez dans les rayonnages francophones et qu'il était la coqueluche de la cité. 
Je ne peux pas dire que j'ai succombé à son charme dans l'immédiat. La place de détective au charme indéfectible étant déjà occupée par deux concurrents de première classe, Adamsberg et Erik Winter, il avait du boulot le Mikael. Mais je sentais bien que quelque chose  de sérieux se tramait entre lui et moi.

Alors j'ai eu envie de le voir sur grand écran...c'était pas lui, c'était Daniel Craig. 
J'ai observé ses traits sous le pinceau de José Homs, il ne ressemblait pas non plus au Mikael que j'avais rencontré.

Cet été, je l'ai trouvé affalé dans une caisse sous une table, aux puces. Je l'ai pris délicatement et l'ai porté sous mon manteau pour le protéger de la pluie qui tombait. De retour à la maison, je nous ai installés confortablement, et j'ai reposé me yeux sur lui. 
Il m'a plu, au moins autant que la première fois.

Millénium, Stieg Larsson, éditions  Actes Sud, traduction Lena Grumbach et Marc De Gouvenain

samedi 18 février 2012

Jean-Baptiste



























La première fois que j'ai croisé Adamsberg, il pistait des rats, enfin il avait les puces, il cherchait les rats. La peste. Il avait parlé aussi d'un diamant qui illuminait un sourire et de galettes à la peau de lait.
Il me semble qu'il voyait encore Camille, à cette époque.
On était revenu sur d'anciennes histoires, un type qui se déguisait en femme et qui sentait la pomme séchée, on a pas mal tourné autour de Danglard, un peu Camille. J'ai su qu'il avait croisé un loup-garou aussi.
Je me suis souvent retrouvée dans ses parages, je ne suis pas sûre qu'il m'ait remarquée, mais je me souviens d'un cerf, gigantesque, en Normandie. Et tant d'autres choses.
Cette fois, j'ai vraiment compris qu'il ne pelletait jamais les nuages sans raison. Qu'il était devenu un vrai "papa-pigeon", et qu'il ne craignait absolument rien, ni la Mesnie Hellequin, ni de risquer sa peau pour les justes. Je m'en doutais déjà. Cette fois c'est sûr.
Je passerais bien un moment à regarder les vaches avec lui.
"Il se glissa hors de la chambre jusqu'à la cave. Là, en montant sur un tonneau, il atteignait une petite lucarne poussiéreuse, seule ouverture qui donnait sur une portion de pré à vaches. Il avait le temps, il attendrait.
En rejoignant prudemment la maison Vendermot quand sonnait l'angélus, il se sentait satisfait. Trois vaches avaient bougé, pas moins. Et sur plusieurs mètres encore, sans décoller les naseaux de l'herbe. Ce qui lui paraissait un excellent signe pour l'avenir d'Ordebec."

L'armée furieuse, Fred Vargas, éditions Viviane Hamy
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