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jeudi 9 juillet 2015

Chute libre

Il t'arrive de te sentir totalement démunie devant un livre. C'est assez rare. Très enthousiaste, tu avais coché Conduire le changement en bibliothèque dans la dernière liste de Masse Critique proposée par Babelio. Tu pensais dévorer littéralement ce type d'ouvrage et y trouver quantité de pistes intéressantes pour ton travail. Te voilà totalement hermétique à ce que tu lis.
De nature laborieuse, tu n'es pas du genre à te laisser pilonner par un livre, alors tu l'as repris plusieurs fois: dans l'ordre, dans le désordre (possible puisqu'il s'agit d'un ouvrage technique chapitré), en t'appliquant, en lisant en diagonale...fiasco intégral.
Tu te retrouves dans une posture gênante, en retard pour chroniquer un livre dont tu n'as rien à dire...

Remerciements et excuses à Babelio et aux éditions de l'enssib

Conduire le changement en bibliothèque, Christophe Pérales, éditions de l'enssib



mardi 14 avril 2015

Impossible ballade

Qu'est-ce qui m'échappe dans les livres de Murakami?
Quel est ce mystère qui me donne envie de lire, qui me pousse à chercher ce qui fascine tant de lecteurs et qui me traverse sans m'effleurer ?


La ballade de l'impossible, Haruki Murakami, Editions 10/18, traduction Rosa-Marie Makino-Fayolles

mercredi 31 décembre 2014

Trente-sixième dessous

Tu aurais bien attendu le 36 du mois pour écrire sur ce livre. Tu aurais pu le lire 36 fois que ça n'aurait rien changé. Tu t'es presque fâchée avec ta libraire à cause de ce livre quand il t'a semblé tout naturel de lui avancer que les personnages n'avaient pas vraiment de consistance et que les dialogues manquaient de profondeur. Elle avait beaucoup aimé. Tu as essayé de te rattraper en lui disant que certes l'idée était originale mais peut-être mal exploitée...ne serait-ce que les noms des personnages, clichés jusqu'au bout des lettres. Elle souriait jaune. Tu l'as achevée en comparant Marie-Sabine Roger à Barbara Constantine. Son idole.

Tu remercies Priceminister et les Editions du Rouergue de t'avoir envoyé ce livre et fait prendre conscience d'une chose: il faut tourner 36 fois sa langue dans sa bouche avant de donner son avis sur une lecture.

trente-six chandelles, Marie-Sabine Roger, Editions du Rouergue

dimanche 8 juin 2014

La loi du marché

Il y a ces auteurs que tu n'aimes pas particulièrement lire, sans bien savoir pourquoi, c'est comme ça. Il y a ces auteurs que tu aimes écouter parler de leurs livres, bien que tu n'aimes pas particulièrement les lire. Tu te laisses emporter par le flot de l'oralité, une voix qui t’interpelle, une journaliste qui pose les questions que tu aurais posées, une émission particulière qui berce ton oreille en début de soirée depuis de belles années, un générique, une ambiance et des semaines plus tard, après que l'idée a cheminé, après bien des hésitations, tu achètes le livre.
Le sujet: forcément tu adhères. La manière dont il est traité: tu la trouves par moment discutable, tu trouves qu'elle manque de neutralité, de simplicité, d'humanité. Les allusions à la célébrité de l'auteur et au fait qu'on la reconnaisse dans les rayons du supermarché t'insupportent particulièrement.
Décidément tu n'aimes pas les livres d'Annie Ernaux.
Sans bien savoir pourquoi, c'est comme ça.


Regarde les lumière mon amour, Annie Ernaux, édtions du Seuil, collection Raconter la vie

lundi 16 décembre 2013

Moi aussi, sur le rivage

Je ne comprends pas bien quel est mon problème avec Murakami. Je lis sans me lasser, je suis fascinée par moments, et pourtant je n'arrive pas à aimer. Je dois passer à côté d'un truc.
Au fil des pages, je sens monter un malaise identique à celui qui me clouait dans mon fauteuil lorsque courageuse et laborieuse étudiante de cinéma j'allais voir les films de Kurosawa. Y a quelque chose qui m'échappe dans la culture de l'onirisme mais je ne sais pas exactement quoi.
Je trouve très déstabilisant de ressentir à la fois malaise et fascination, d'avoir envie de passer à autre chose mais de ne pas pouvoir m'empêcher d'aller jusqu'au bout, de cauchemarder autour du livre pour mieux le reprendre le lendemain, et de finalement n'en garder quasiment pas de trace, sauf cette sensation étrange de dualité.
Il serait un peu sorcier ce Murakami, que ça ne me surprendrait qu'à peine.


Kafka sur le rivage, Haruki Murakami, éditions 10/18, traduction Corinne Atlan

mercredi 27 novembre 2013

Lettre à Bjarni

J'ai lu ta lettre ce matin. Si je n'étais déjà morte depuis longtemps, elle m'aurait achevée.
Non mais, Bjarni.
Je n'ai jamais rien dit à personne, je me suis enflammée pour toi, je brûlais sous ton regard, sous tes caresses. Entendre ta voix me faisait battre le coeur à tout rompre, des étincelles me parcouraient des pieds à la tête.

Non mais, Bjarni.
Tu m'as laissée me consumer. Tu m'as refusé notre fille. Tu m'as gâchée.

Et tu écris désormais ta douleur et ton amour pour moi...
Non mais Bjarni. Bjarni de Kolkustadir, qui es-tu pour coucher de la sorte les replis de ton âme sur le papier ? Qui imagines-tu que je fus pour supposer que je sois flattée de t'émouvoir autant que ton nouveau tracteur?
Non mais Bjarni. Et te satisfaire d'une agnelle pour épancher ton désir à mon endroit...

J'aurais pu aimer te lire. J'aurais pu apprécier ta poésie par-delà la puanteur des moutons, j'aurais pu accepter tes dérives, j'aurais pu comprendre ta volonté de rester, j'aurais pu.
Si tu n'avais pas attendu que je ne sois plus.

J'étais vivante. Je t'aimais. Je suis morte.

***

J'ai lu La Lettre à Helga d'une traite, le jour où je l'ai reçue. Je ne l'ai pas aimée. Je n'ai pas compris pourquoi ce texte me hérissait. Je l'ai relu. Je me suis rendue compte que cette écriture trop travaillée exacerbait la lâcheté de Bjarni et me le rendait totalement insupportable. Je n'ai pas lu dans ses lignes la profondeur qui a émue tant de lecteurs. Je suis peut-être passée à côté, à moins que je sois entrée en plein dans ce que cherchait Bergsveinn Birgisson.

J'ai reçu et lu cette Lettre dans le cadre des matchs de la rentrée Priceminister que je remercie ainsi que les éditions Zulma, qui d'ordinaire me transportent...


Le Lettre à Helga, Bergsveinn Birgisson, éditions Zulma, traduction Catherine Eyjolfsson
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