mercredi 22 janvier 2014

Philosopher sans en avoir l'air

Conception extrêmement tentante: un ouvrage de bande dessinée réalisé à quatre mains avec pour objectif la vulgarisation de la philosophie. 
Tu imagines une double page par philosophe, un texte accessible sur la page de droite et une planche de Jul illustrative sur la page de gauche. 
Tu entames une lecture que tu espères à la fois réjouissante et enrichissante, mais rapidement tu doutes. 
La concision des textes ne facilite pas forcément l'accès, les planches de Jul ne sont pas toujours drôles et on peut craindre qu'un lecteur non initié les garde en mémoire avant de retenir les analyses de Pépin. 
Il n'en demeure pas moins qu'en renonçant à une lecture linéaire et en piochant selon ses envies ou ses besoins, ce recueil d'auteurs et de notions offre un accès ludique à cette matière sérieuse qu'est la philosophie.

La Planète des Sages, Jul et Charles Pépin, éditions Dargaud

mardi 21 janvier 2014

Hello yellow

Tu as pu constater que je ne suis pas une lectrice assidue de mangas.

Mais voilà qu'un petit bouquin jaune au sourire carnassier m'est tombé entre les mains.
Une petite bombe.
Une vision de la classe et du rapport enseignant / élèves absolument déjantée. Un monde à l'envers où le prof est une cible et enseigne aux élèves la meilleure façon de l'éliminer. 
Tu imagines bien que si ce prof tentaculaire à la tête de Smiley s'applique à exaspérer au maximum les élèves afin d'aiguiser leurs envies de meurtre c'est pour qu'ils creusent et révèlent le meilleur d'eux-mêmes. 
Une affaire que je vais suivre scrupuleusement...

Assassination Classroom, Yusei Matsui, éditions Kana (version française)

dimanche 19 janvier 2014

Toute la candeur du monde

Il est d'habiles photographes pétris de belles idées enchanteresses, il est de belles personnes qui parcourent le monde avec l'envie profonde de le faire aimer aux autres, il est d'habiles et belles personnes photographes qui décident que la photo est un acte militant et que la raison d'être du photographe n'est pas tant ce qu'il montre, mais le lien qu'il établit entre deux mondes.

Gilles Porte dont tu peux te faire une idée en allant jeter un oeil sur son site ou son blog a entrepris un voyage pour et avec sa fillette, à la rencontre des enfants du monde. Il a demandé aux enfants qu'il photographiait de dessiner leur autoportrait et chaque cliché à son pendant à la craie. L'ensemble a été publié en une série de diptyques reflets d'une réalité émouvante.

Je me permets quelques reproductions pêchées sur le site de Gilles Porte




PORTRAITS AUTOPORTRAITS Syrine, Ibrahim, Malo et tous les autres..., Gilles Porte, éditions du Seuil

samedi 18 janvier 2014

Quand quatre veut dire cinq

Hier j'ai croisé Hortense. Verdelaine. Bah si tu sais: une des soeurs d'Enid, je t'en ai déjà parlé. Mais si...les cinq soeurs qui habitent près de la falaise, leurs parents sont morts dans un accident de voiture. C'est bon? Tu vois de qui je parle?

©Cati Baur
Hortense est toujours aussi à part, mais elle a quelque chose de changé. Elle s'est inscrite à un cours de théâtre, visiblement ça lui réussi. Elle s'est même trouvé une amie, une jeune fille en convalescence dans la maison voisine. 
Ses soeurs? Elles ont l'air d'aller bien. 
Pourtant leurs traits ont changé...elles évoluent toujours sous le pinceau de Cati Baur, mais elles ont grandi et changé d'éditeur. On dirait qu'elles ont vieilli. 
Après tout cela n'a peut-être rien à voir avec l'édition, grandir et vieillir est peut-être aussi la raison d'être des personnages de bande dessinée. 
Je devrais prendre plus souvent de leurs nouvelles.

Quatre Soeurs, 2. Hortense, Cati Baur d'après Malika Ferdjoukh, éditions Rue de Sèvres

lundi 13 janvier 2014

Etre ou ne paraître

Te sentir invisible, c'est déjà arrivé. Tu es assise à une table et tu n'arrives pas à attirer l'attention du serveur,  dans la file d'attente, quelqu'un se faufile devant toi comme si tu n'existais pas. Tu n'en fais pas cas, tu n'es jamais pressée et tu te fous des apparences si nécessaires à tant d'autres.

Tu n'es pas seule. Une société secrète a fait de la non-apparence son art de vivre. La discrétion comme credo. Elle garde jalousement son secret, rares sont les heureux initiés, et pourtant elle dérange. Un comble.

Arnaud le discret / source My Space

De son univers totalement décalé, Arnaud Le Gouëfflec signe ici un roman d'un nouveau genre, un roman pour lequel on pourrait imaginer une rubrique intitulée "conte-policier".





Les Discrets, Arnaud Le Gouëfflec, éditions Ginkgo

samedi 11 janvier 2014

Humaniste

Je l'avais lu Lulu, tout au début. Et je l'ai relu. Parce que Etienne Davodeau c'est mon pansement, ma douceur, mon chocolat, mon doudou. Mon roi de la simplicité. Mon poète dessinateur.
Lui il sait. Il sait que les choses simples sont les plus subtiles, il sait que les choses simples sont les plus belles, il sait qu'elles touchent en plein, que l’esbroufe ne sert à rien, que le superflu est ce qu'il est, que les gros sabots ne vont qu'aux chevilles enflées.


Lulu Femme Nue, Etienne Davodeau, éditions Futuropolis

mardi 7 janvier 2014

Le roman jeunesse

Dès le collège, j'ai commencé à piocher mes lectures dans les rayons adultes de la maison et de la bibliothèque. Je suis passée de la case enfant à la case adulte, sans passer pas le roman-jeunesse. Comme s'il n'existait pas.
Et puis j'ai été bénévole dans une bibliothèque où le rayon jeunesse n'intéressait pas grand monde. Alors pour pouvoir orienter les adhérents, j'ai lu. Beaucoup, et plutôt de belles choses. Aujourd'hui, les lectures de la jeunesse occupent le quotidien de mon travail et je suis heureuse lorsque je découvre de petits trésors qu'il ne me reste plus qu'à positionner de belle façon sur la table des nouveautés pour qu'ils aient envie d'y plonger.

Dans la liste de Masse Critique, ce livre-là ne m'a pas titillé tout de suite, parce que le titre ne me plaisait pas. Le résumé, lui me tentait. J'ai hésité un peu et je l'ai coché...un petit clic qui vaut de l'or.
Ce premier roman est un véritable road-movie, adapté aux ados sans les prendre pour des gamins, sans mièvrerie. On y croise la férocité de la jeunesse, sa naïveté, sa fraîcheur et son humour sur un fond dramatique.
La violence de la vague qui claque avant de se retirer en douceur.
























Merci aux éditions Sarbacane et à Babelio de cette belle découverte.

Je suis sa fille, Benoît Minville, éditions Sarbacane, collection X'

lundi 16 décembre 2013

Moi aussi, sur le rivage

Je ne comprends pas bien quel est mon problème avec Murakami. Je lis sans me lasser, je suis fascinée par moments, et pourtant je n'arrive pas à aimer. Je dois passer à côté d'un truc.
Au fil des pages, je sens monter un malaise identique à celui qui me clouait dans mon fauteuil lorsque courageuse et laborieuse étudiante de cinéma j'allais voir les films de Kurosawa. Y a quelque chose qui m'échappe dans la culture de l'onirisme mais je ne sais pas exactement quoi.
Je trouve très déstabilisant de ressentir à la fois malaise et fascination, d'avoir envie de passer à autre chose mais de ne pas pouvoir m'empêcher d'aller jusqu'au bout, de cauchemarder autour du livre pour mieux le reprendre le lendemain, et de finalement n'en garder quasiment pas de trace, sauf cette sensation étrange de dualité.
Il serait un peu sorcier ce Murakami, que ça ne me surprendrait qu'à peine.


Kafka sur le rivage, Haruki Murakami, éditions 10/18, traduction Corinne Atlan

dimanche 15 décembre 2013

Tonton Raymond

Ce qu'il y a de bien avec les photos de Raymond Depardon, c'est que tu poses les yeux dessus comme tu le ferais si tu trouvais un carton de photos de vacances dans le grenier de ton grand-père.

Tiens, regarde cette boulangerie dans laquelle vous vous arrêtiez le matin sur la route des vacances, avant que la nationale ne contourne cette jolie petite ville.

©Raymond Depardon
Ce qu'il y a d'un peu angoissant avec les photos de Raymond Depardon, c'est que tu crois avoir sous les yeux des images vieilles d'une trentaine d'années avant de réaliser qu'elles ont toutes été commises ces dix dernières années. Cet air d'un pays qui se serait arrêté de vivre te fait un peu flipper.

©Raymond  Depardon 
Ce qu'il y a de déroutant avec les photos de Raymond Depardon, c'est que tu te dis que l'imagination de Plonk et Replonk n'est pas aussi décalée qu'elle n'en a l'air.

©Raymond Depardon
©Plonk et Replonk
Ce qu'il y a de touchant avec les photos de Raymond Depardon, c'est que même quand elles diffusent des impressions mitigées elles te laissent une petite trace qui ne s'effacera pas de si tôt.

La France de Raymond Depardon, édité au Seuil par la BNF

Petit petit petit petit

Faire aimer la photographie animalière aux enfants, rien de plus simple. Ils se réjouissent tous de passer du tigre à la baleine au fil des pages. Encore plus intéressant s'il s'agit des rejetons de chaque espèce. C'est mignon, c'est drôle en général et ça marche à tous les coups.
Ça marche tellement à tous les coups, que parfois il suffit d'aller piocher des images libres de droit sur le net (sur Shutterstock par exemple), d'y ajouter un texte plus ou moins bateau et le tour est joué.

Ayons une pensée pour tous les photographes qui attendent une vie sans jamais être publiés.

Je remercie Babelio et les éditions de la Grenouille de m'avoir fait découvrir à quel point la photographie est un art qui se "partage" avec ou sans scrupules...


Mon livre des bébés animaux, David Bourbon, éditions La Grenouille
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...