mercredi 4 septembre 2013

Comme tu respires

Il y a ces livres que tu lis parce que. Parce que peu importe le livre, une fois entre tes mains tu veux le lire. En entier. Même s'il te hérisse. Tu ne vas t'attarder sur rien, tu lis comme tu respires. Ceux qui te hérissent tu aimerais bien savoir pourquoi ils sont les préférés d'autres. Tu aimerais bien comprendre pourquoi tant de lecteurs et lectrices se nourrissent et se suffisent de ces inepties "littéreuses". Tu lis jusqu'au bout parce que coûte que coûte tu voudrais comprendre. 
Tu es bien plus patiente et persévérante avec l'écriture qu'avec le reste. 

Et puis il y a les textes dont tu te délectes. Ces découvertes, ces cadeaux, ceux que les autres te font lire parce que.

Celui-ci tu ne l'aurais jamais choisi si L. ne te l'avait pas tendu. Le nom de l'éditeur te fait sourire, mais le titre...Qu'est-ce que c'est que ce titre pompeux?
Tes doigts se posent sur la couverture, glissent entre les pages, et tu fais immédiatement abstraction de ce titre improbable. C'est ça aussi le plaisir du livre: une texture qui caresse la peau de tes doigts.

Et le vent se met à souffler. Une rafale de nouvelles. Les épisodes d'une vie éparpillés au gré des courants d'air.

Souffle en mon coeur un vent de Patagonie, Nacho Carranza, éditions Le Castor Astral collection "Escales des Lettres"

jeudi 22 août 2013

Que les choses soient dites

Je crois que c'est clair: je suis une connasse.
Et pas peu fière.
Un petit bémol, je ne suis pas tout à fait assez connasse pour ne pas lire jusqu'au bout les livres absolument lamentables qui parfois se retrouvent entre mes mains. Je vais faire des efforts et tenter d'atteindre le niveau de "parfaite connasse".

La femme parfaite est une connasse, Anne-Sophie et Marie-Aldine Girard, éditions J'ai Lu

mercredi 14 août 2013

Apnée

Maylis de Kerangal.
M A Y L I S  D E  K E R A N G A L.
Son nom à lui seul me caresse le palais. Essaie. Dis-le lentement à voix haute. Maylis de Kérangal.
Ce nom pourrait presque me suffire. Si ce n'est que je sais vers quels délices il me mène, alors je ne me contente pas de le dire. Je lis ce qu'il y a sous sa plume. Avec délectation.

Maylis de Kerangal enrobe toujours un espace défini de ses mots si habilement choisis. Le chantier d'un pont, les wagons d'un train et cette fois, une plate. La Plate. 
"Nul ne sait comment cette plate-forme ingrate, nue, une paume, est devenue leur carrefour, le point magique d'où ils rassemblent et énoncent le monde, ni comment ils l'ont trouvée, élue entre toutes et s'en sont rendus maîtres; et nul ne sait pourquoi ils y reviennent chaque jour, y dégringolent , haletants, crasseux et assoiffés, l'exubérance de la jeunesse excédant chacun de leurs gestes, y déboulent comme si chassés de partout, refoulés, blessés, la dernière connerie trophée en travers de la gueule; mais aussi, ça ne veut pas de nous tout ça déclament-ils en tournant sur eux-mêmes, bras tendu main ouverte de sorte qu'ils désignent la grosse ville qui turbine, la cité maritime qui brasse et prolifère, ça ne veut pas de nous, ils forcent la scène, hâbleurs et rigolards, enfin ils se déshabillent, soudain lents et pudiques, dressent leur camp de base, et alors ils s'arrogent tout l'espace."
Elle pose le lieu et toi tu n'as plus qu'à observer ce qu'il s'y passe, au rythme de ses longues phrases charnues qui t'empêchent presque de respirer parce que tu aimes les gravir sans presque jamais t'arrêter comme on escalade une montagne pour mieux voir ce qu'il y a derrière.





Corniche Kennedy, Maylis de Kerangal, éditions Verticales

Naïf. Super.

C'est un livre emrpunté que tu vas acheter.
Le lire et le relire encore.
Piocher dedans.
C'est un livre de rien, et c'est un livre de tout.
C'est un regard simple sur la vie. 
C'est l'histoire d'un type qui a gardé intact son regard d'enfant. 
C'est une poésie grandeur nature.
Tu le lis, tu  y penses et tu as envie de demander aux gens que tu croises s'ils sont heureux, ou pourquoi ils ont l'air si triste, tu es tentée de demander à la dame du guichet de la poste si elle porte parfois des chaussettes avec des fleurs, tu oserais presque demander au chauffeur de bus s'il aime la glace à la vanille.

La fraîcheur de la naïveté qui manque tant à la vie des grands c'est dans ce livre-là qu'elle est cachée. Mais faut pas le dire, hein c'est un secret.

C'est un livre qui t'as beaucoup fait penser à celui de Toni Jordan.

Naïf. Super., Erlend Loe, Edition Taille Unique, traduction Jean-Baptiste Coursaud

mercredi 31 juillet 2013

Les déboires d'une lectrice compulsive

Je le savais, je le savais, je le savais.
Je le savais, que plus j'avançais dans les Chroniques de SF moins cela me plaisait. Je le savais que plus ça allait, plus ça me lassait. Je le savais que tout était de plus en plus convenu, de plus en plus attendu.

Je le savais et pourtant j'ai lu le tome 8 (je n'ai jamais trouvé le 7. Pas grave, j'ai tout compris quand même...et gagné quelques heures et quelques sous en m'abstenant).

Je le savais mais je ne vais pas renier tout pour autant. J'ai vraiment croqué avec bonheur la fraîcheur des premiers épisodes. Mais j'aurais dû être raisonnable et m'arrêter à temps. 

Je rêve de savoir m'arrêter à temps. 

Mary Ann en automne, Chroniques de SF, Saison 8, Armistead Maupin, édition de l'Olivier, traduction Michèle Albaret-Maatsch

Fil de lecture #24

Presque mort, Ake Edwardson, éditions JC Lattès, traduction Marie-Hélène Archambeaud

dimanche 28 juillet 2013

Mon chat n'est pas un extra-terrestre

Tu ne le sais peut-être pas encore, mais il n'y a pas très longtemps que nous cohabitons avec des chats. 
Pendant de nombreuses années, j'ai cru qu'on n'avait rien en commun, jusqu'à ce que mon chemin croise celui de Léonard notre premier siamois. Il n'a pas vécu très vieux, je n'avais pas eu le temps de comprendre à quel point il nous manipulait. J'ai donc récidivé, et ouvert notre maison à Barnabé et Rosalie.
Rapidement, ils nous ont fait comprendre qu'ils n'étaient pas NOS animaux, mais que nous étions LEURS serviteurs...
Nous n'avons plus que la moitié d'un lit pour deux, lorsqu'ils ont faim, nous sommes tenus de cesser toute activité en cours afin de sustenter à leur besoin, j'ai dû apprendre à lire entre des pattes de chats (plus difficile que les pattes de mouches), ils nous engueulent sans scrupules si toutefois on veut une place sur leur fauteuil près de leur poêle, le confort des transats n'est plus qu'un vieux souvenir qu'il nous faut désormais partager avec une boule de poils chaude et ronronnante.
Ils nous arrivent parfois de les traiter de petits connards voire d'espèce de pétasse (en cachette, on a trop peur des représailles).
Alors quand nous avons reçu le livre de Leslie Plée, de Michel Plée pardon, Leslie n'a que servi de piètre illustratrice, quel soulagement! Nos chats sont normaux! Tous les chats ne sont que des goinfres, imbus de leur personne, qui daignent nous porter un soupçon d'attention que si c'est dans leur propre intérêt...

Tu l'auras compris, cette bande dessinée est désopilante et souligne tous les travers et les manies dont on s'affuble lorsqu'on adopte se fait adopter par un chat.

Tu peux faire la connaissance de Leslie ici, tu y croiseras Michel, qui même là, se tape l'incruste.

Je remercie Michel d'avoir autorisé Babelio et les éditions Tapas :-* à nous envoyer ce bel ouvrage, je n'oublierai bien évidemment pas le sachet de friandises mensuel qu'il exige en échange.

Courage Leslie, tu n'es pas seule!

Vivre vieux et gros : Les Clés du succès par Leslie Plée
tous les livres sur Babelio.com

Vivre vieux et gros-les clés du succès, Michel et Leslie Plée, éditions Tapas :-*

samedi 20 juillet 2013

Je le lirais bien, mais je sens que ça va pas me plaire

dessin de Greg Guillemin
Tout commence par un bouquin que tu as tenu maintes fois entre tes mains avant de le reposer en te disant: "nan, j'le prends pas, j'suis sûre que c'est nase"... et puis une après-midi de juillet, après un déjeuner de fin d'année au taf, tu entres dans ta librairie préférée (disons, UNE de tes librairies préférées), un peu morose, et tu musardes. 
Le revoilà qui te fait de l'oeil, encore. 
Cette fois-ci tu n'écoutes pas ton instinct et tu le mets dans ton panier.

Fatale erreur. Toujours se fier à son instinct.

Bon, je n'ai pas tout détesté, n'exagérons-rien. L'idée de casser le mythe des supers-héros (je mets un "S" à la fin, pour pouvoir faire une liaison à deux balles) en racontant leur vraie vie (oui oui, les supers-héros sont des hommes et des femmes comme toi et moi...ils vont même aux toilettes), j'aurais pu trouver ça drôle, si ça l'avait été. L'idée d'un sérial-killer de supers-héros, pourquoi pas.

Mais va savoir pourquoi, ça n'a pas pris. J'ai lu tout et très vite, mais RIEN. Pas plus envie que ça de croiser Batman (ben de toutes façons, lui il est mort), ni Superman, ni aucun autre. 
Bon, faut que je te dise aussi que je n'ai jamais pu blairer les supers-héros, y peut-être un lien...

dessin de Greg Guillemin
*dans l'idée de casser le mythe, je vote sans hésiter pour le travail de Greg Guillemin, tu peux aller voir si ça te chante.

La vie sexuelle des super-héros, Marco Mancassola, éditions Folio, traduction Vincent Raynaud

vendredi 19 juillet 2013

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