"Ne parle pas de la mer au poisson qui vit au fond du puits, il ne comprendrait pas."
Ce proverbe chinois extrait de la collection de Clémence, suffit à dire ce qu'est ce livre.
Le livre de l'incompréhension. L'incompréhension qui règne entre Clémence et Alice sa soeur, entre le narrateur et Anna sa femme, entre un père et sa fille, entre des Européens des années quarante et des Indiens d'Arizona.
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| Breton dans son atelier, image internet |
Encore Gallay, encore la mer, un chat, des non-dits, des lucioles qui illuminent le ventre des grenouilles, une douce violence, des rencontres, du thé, tout ce qui fait qu'on entre dans un livre, qu'on s'y installe et qu'on observe ce qui s'y passe.
Et il se passe qu'on rencontre André Breton et sa passion pour l'art Hopi.
Et il se passe qu'on hésite.
Comme le père d'Alice et Clémence, qui renifle la perversité du système.
"Ma chère Mathilde,
Pour la danse de l'Antilope, il y avait plus de mille personnes. Des gens venus de partout, des villages alentour mais aussi de Phoenix, de Los Angeles et même de la côte Est. Très impressionnant. A en oublier l'écrasante chaleur. Breton a voulu prendre des notes. a cause de lui, je ne sais pas si nous pourrons assister à la danse du Serpent demain.
Je me demande dans quelle mesure tout ce monde ne gâche pas la solennité des cérémonies.
J'ai pu prendre deux photos de plus. les Hopi pensent que photographier un Indien c'est lui voler son âme. Je dois donc faire très attention.
Otto dit qu'il m'aura un masque pour presque rien si je l'emmène avec nous à New York. Un masque, tu te rends compte? Je ne peux pourtant pas accepter...
Je t'embrasse ainsi que Clémence.
P.-S.: J'ai un autre enregistrement, un phénomène très rare, la pluie qui tombe et qui s'évapore avant de toucher le sol."
Dans l'or du temps, Claudie Gallay, éditions Du Rouergue
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